5 espèces d’oiseaux qui passent l’hiver au Canada 14 janvier 2022
Comme on le sait déjà, certaines espèces d’oiseaux migrent vers le sud à l’approche de l’hiver, alors que d’autres restent en place. Au Canada, des espèces de l’Arctique et des forêts nordiques se dirigent vers le sud du pays jusqu’au retour du printemps. D’autres espèces, qui vivent déjà dans le sud du Canada, quittent le pays pour se rendre encore plus au sud.
L’observation d’oiseaux est l’un des moyens les plus faciles de profiter de la nature. Cette activité, qui ne nécessite pas nécessairement de grands efforts, peut même se pratiquer sans quitter la maison. En tant qu’ornithologue amatrice, j’aime beaucoup voir par moi-même ce que j’ai lu sur le Web ou dans les livres. Parfois, un curieux comportement observé chez un oiseau devient une belle histoire que je raconte à mes enfants.
Voici cinq espèces qui sont relativement faciles à observer partout au pays, certaines même en milieu urbain. Combien d’entre elles pourrez-vous observer cet hiver?

Les adeptes de randonnée et de camping ont peut-être croisé un mésangeai du Canada, une espèce qui vit toute l’année dans la forêt boréale. Cet oiseau chanteur (en anglais) d’assez grande taille mesure de 25 à 29 centimètres de long. Il a la réputation d’être opportuniste, puisqu’il s’introduit parfois en piqué dans les campings à la recherche de nourriture. Une employée de CNC se souvient d’ailleurs d’une rencontre avec cet oiseau alors qu’elle mangeait son gruau en camping d’hiver dans le parc Algonquin (Ontario). Cet oiseau sans gêne s’était posé sur le bord de la casserole, en face d’elle!
Le mésangeai du Canada utilise sa salive collante pour créer des boules de nourriture (plus susceptibles de rester en place par temps pluvieux ou venteux (en anglais)), avec des insectes, des baies et des graines. Il les cache sous l’écorce des arbres, des lichens et sous des tapis d’aiguilles de conifères. Avec les changements climatiques, la forêt boréale « se déplace » vers le nord, et il en sera sûrement ainsi pour l’aire de répartition de cette espèce. Une étude (en anglais) suggère que le succès de la reproduction des populations situées à la limite sud de l’aire de répartition de cet oiseau est affecté par les cycles de gel et de dégel de l’automne précédent, qui détériorent la nourriture cachée par cet oiseau.
Le mésangeai du Canada est très étudié au Canada, en particulier dans le parc Algonquin. Une grande partie de ce que nous savons à son sujet provient de ces recherches. Au Canada, ses populations sont en sécurité.
Fait intéressant : avant l’adoption de son nom officiel, en 1993, par la Commission internationale des noms français des oiseaux, le mésangeai du Canada était appelé geai du Canada ou geai gris.
Le junco ardoisé : un « snowbird » des latitudes moyennes

Alors que l’hiver s’installe dans des régions comme le sud de l’Ontario et des Prairies, vous remarquerez peut-être l’arrivée de juncos ardoisés en provenance de leur aire de reproduction située plus au nord. Ailleurs au Canada, comme sur la côte Ouest et la côte Est, l’espèce est présente toute l’année.
Cet oiseau (en anglais) de taille moyenne mesure de 14 à 16 centimètres. Sa tête est ronde, son bec est trapu et sa queue est longue. Il est généralement de couleur ardoise ou brune, avec des variations régionales. Pendant la saison de reproduction, il fréquente les forêts de conifères jeunes ou matures, et on peut le voir au pied des arbres et des arbustes ou dans les mangeoires à la recherche de graines tombées au sol. On peut aussi l’apercevoir dans les champs et le long des routes.
Le junco ardoisé est l'un des oiseaux forestiers les plus abondants d'Amérique du Nord, mais ses populations déclinent lentement dans l'ensemble de son aire de répartition depuis plusieurs décennies (menace inconnue). Malgré cela les, populations sont considérées comme en sécurité dans la majeure partie du Canada.
Le garrot à œil d'or : qui siffle?

Le garrot à œil d'or (en anglais) est un canard de taille moyenne aux yeux jaune vif (mâle) ou jaune pâle (femelle). En vol, ses ailes émettent un sifflement (en anglais), ce qui lui vaut le surnom anglais de « whistler ». Cet oiseau se reproduit dans les forêts boréales du Canada. L’hiver, on peut l'apercevoir le long des côtes ou sur les lacs et rivières à l'intérieur des terres. De loin, les mâles paraissent surtout noirs et blancs et les femelles d'un brun grisâtre. Les mâles ont la tête foncée avec des reflets verdâtres et une tache blanche circulaire sur la joue.
Fait intéressant : les oisillons du garrot à œil d'or quittent le nid (une cavité dans un arbre vivant ou mort, ou un nichoir) un jour après leur éclosion? Les nids peuvent se trouver à 12 mètres du sol, et la mère appelle ses oisillons d'en bas, tandis que les jeunes font un saut audacieux pour la rejoindre.
Les garrots à œil d'or sont nombreux et leurs populations sont bien établies dans tout le Canada.
La gélinotte huppée : des raquettes au pied
La gélinotte huppée (en anglais) est un petit gibier à plumes de la taille d'une corneille. Sa poitrine est triangulaire, ses pattes sont courtes et sa queue est en forme d'éventail. Son plumage brun-rouge tacheté lui permet de se camoufler dans son habitat. En hiver, les arbres à grandes feuilles (en anglais), tels que les peupliers et les bouleaux, produisent des chatons (inflorescences en épis qui ressemblent à des chenilles) et des bourgeons qui sont la base de l'alimentation de cette espèce.
La gélinotte huppée se porte mieux les hivers où la neige est abondante, molle et épaisse, ce qui lui permet de s'abriter et de s'isoler des intempéries et des prédateurs. Quand vous faites de la raquette ou du ski de fond, gardez l'œil bien ouvert pour repérer ses traces, ses perchoirs et ses excréments. Si vous l'apercevez, elle s’envolera soudainement dans un battement d'ailes si vous vous en approchez.
Fait intéressant : l'automne, la gélinotte huppée développe sur les écailles de ses orteils des protubérances en forme de peigne, qui l'aident à marcher dans la neige comme des raquettes.
Les populations de gélinottes huppées sont bien établies dans tout le Canada.



Ces charmantes espèces d'oiseaux font toutes partie d'un réseau alimentaire interconnecté et complexe. Avec beaucoup d'autres végétaux et animaux, elles forment une importante mosaïque au sein d’écosystèmes viables de ce vaste territoire dont nous faisons partie. Cette interconnexion entre les humains et la nature se situe au fondement de Conservation de la nature Canada. Pour en savoir plus sur notre travail à travers le pays et sur comment vous pouvez nous aider à accélérer la conservation, cliquer cliquez ici (en anglais).