Se connecter à la nature par l’art 12 septembre 2025

Marie-Ève Côté
Une œuvre de Marie-Ève Côté
Une œuvre de Marie-Ève Côté

J’ai toujours été attirée par la nature. Grandir et vivre en Nouvelle-Écosse a été pour moi une formidable porte d’entrée vers le plein air. Durant mon enfance, mes parents m’ont emmenée faire du camping, du vélo et des randonnées, et m’ont enseigné les secrets de la nature. Ma mère a grandi sur une ferme, ce qui lui a permis d’acquérir de solides connaissances sur les végétaux et leurs liens avec la terre. Dès mon plus jeune âge, on jardinait ensemble. Avec mon père, je m’entraînais à imiter les cris des oiseaux pendant qu’il m’enseignait tout ce qu’il savait sur les espèces qui nous entouraient. Ce sont toutefois les livres que mes parents m’ont offerts au fil des années qui ont eu la plus grande influence sur moi. Notre salon est rempli de livres sur les plantes, les cultures et les animaux du Canada, de même que de guides de terrain et d’ouvrages d’identification. Parmi toutes les merveilles de la nature que j’ai pu découvrir en feuilletant toutes ces pages, une chose m’a particulièrement marqué : les photos. Depuis, c’est par les images que je vois la nature et que je m’y connecte.

Comme la majorité des enfants, j’ai commencé à dessiner et à peindre dès que j’ai été capable de tenir un crayon. Ma passion pour l’art s’est rapidement développée, et depuis, je peins des scènes de nature beaucoup plus élaborées. Alors que mes compétences artistiques s’amélioraient, j’ai entamé des études en sciences de l’environnement et j’ai voulu en savoir plus sur les écosystèmes. De là est né ce que j’appelle mes « Fiches de terrain ». Il y a quelques années, je me suis lancé le défi de dessiner et de peindre tous les animaux et végétaux que j’apercevais chaque mois. J’ai beaucoup appris depuis, non seulement sur la peinture, mais aussi à avoir de la gratitude et de l’appréciation pour le monde qui m’entoure. Partir à la recherche d’oiseaux, de végétaux et d’animaux m’a aidé à prêter davantage attention aux plus petits détails et à mieux comprendre le cycle des saisons. Plus je prenais le temps d’observer le monde qui m’entoure, plus je voyais de choses, et plus mes Fiches de terrain se remplissaient.

Marie-Ève Côté en canot à la réserve naturelle de la vallée de la rivière Musquodoboit, N.-É. (Photo CNC)
Marie-Ève Côté en canot à la réserve naturelle de la vallée de la rivière Musquodoboit, N.-É. (Photo CNC)

En juillet dernier, quand j’ai appris que j’allais canoter dans la réserve naturelle de la vallée de la rivière Musquodoboit, j’ai tout de suite eu envie de créer une Fiche terrain avec toutes les espèces que l’on croiserait. En remontant un ruisseau, nous nous sommes retrouvés entourés de nymphéas, de pontédéries cordées et d’alpistes roseaux, une espèce envahissante. Nous avons aussi eu la chance de voir quelques animaux : des hirondelles rustiques, des grenouilles vertes et une buse à queue rousse. Le son de la rivière est devenu de plus en plus fort quand nous nous sommes retrouvés face à un barrage de castors que nous devions franchir à pied. Ensuite, en nous enfonçant dans la forêt, nous avons été accueillis par le chant de la paruline à collier, de la paruline masquée et du viréo aux yeux rouges. Nous avons aussi observé divers végétaux, comme des polypodes, de l’hylocomie brillante (une espèce de mousse) et des cerisiers noirs. Ce fut une journée vraiment inoubliable.

Je suis très reconnaissante du fait que je me sente comme chez moi dans la forêt Wabanaki (acadienne). Elle m’a guidée dans mes nombreuses aventures et continue de m’apprendre de nouvelles choses. Je souhaite que vous trouviez en la nature une source d’inspiration artistique, et qu’en laissant aller votre créativité, vous ressentiez que l’aviez toujours eu en vous.

April and June field pages from Marie-Ève Côté
J’ai beaucoup appris depuis, non seulement sur la peinture, mais aussi à avoir de la gratitude et de l’appréciation pour le monde qui m’entoure. (Photo Marie-Ève Côté)

À propos de l'auteur ou de l'autrice Marie-Ève Côté