Respect mutuel 4 août 2025
Mon amour de la nature me vient en grande partie de ma famille passionnée par le plein air, de la pêche à la ligne à l’observation du ciel étoilé en camping. J’ai aussi grandi avec le film « Bambi » et, comme beaucoup d’enfants, je voyais d’un mauvais œil les adeptes de la chasse. Cette vision des choses aurait pu compromettre ma relation avec mon père qui pratique lui-même la chasse. Un matin, ma mère m’a gentiment encouragé à l’accompagner pour vivre l’expérience à travers ses yeux de chasseur.
J’avais quelques doutes, mais j’ai fini par accepter. Cette année-là, je devais avoir environ huit ans. Je me suis levée avant l’aube et, même si j’étais encore un peu endormie, j’ai très vite été stimulée par ce qui nous attendait et par la tranquillité des bois. « Ne fais pas trop de bruit », me chuchotait papa, mais j’étais beaucoup trop curieuse pour me taire. Un million de questions me trottaient dans la tête.
Cette expérience avec mon père a changé quelque chose en moi. J’ai commencé à comprendre tout le respect et l’admiration qu’il éprouvait envers le territoire et les espèces qui l’habitent. Pour lui, la chasse était synonyme de connexion à la nature.
Depuis, j’ai établi ma propre connexion avec le territoire à travers mes études, mes expériences de bénévolat et ma carrière en conservation, en aidant les collectivités à trouver un équilibre entre leurs moyens de subsistance et la nature qui les entoure. J’ai aussi continué à pratiquer la chasse. Maintenant, quand je me rends sur le terrain, je le fais avec l’intention de me plonger entièrement dans le paysage. Si l’occasion de « récolter » un animal se présente, ce sera fait avec une profonde gratitude. Le territoire nourrit à la fois la population et les espèces sauvages. Nous partageons tous et toutes la même Terre, et j’essaie d’y vivre dans le plus grand respect.