Isthme de Chignectou
Orignal (Photo Mike Dembeck)
L'isthme de Chignectou est une étroite bande de terre reliant la Nouvelle-Écosse continentale au Nouveau-Brunswick et au reste de l'Amérique du Nord. Pendant des siècles, les Premières Nations Mi'kmaq s'y rassemblaient pour chasser la sauvagine, le poisson, l'orignal, l'ours et le porc-épic. Le nom Chignectou (ou Chignecto) vient du mot mi'kmaq « Siknikt », qui signifie « lieu de drainage » et fait référence à la grande zone marécageuse.
Large de seulement 21 kilomètres à son point le plus étroit, l'isthme sépare deux grands plans d'eau : la baie Chignectou, un sous-bassin de la baie de Fundy, et le détroit de Northumberland, un bras du golfe du Saint-Laurent, dans l'océan Atlantique. Cette zone d'environ 50 kilomètres de long, située entre Moncton et Amherst, est de plus en plus vulnérable aux graves impacts associés aux changements climatiques et constitue l'une des régions les plus exposées à la hausse du niveau de la mer au pays. L'importance écologique de l'isthme est cruciale pour la connectivité de la faune, de la flore et de la population, ainsi que pour les transports et le commerce modernes. Aujourd'hui, ce paysage naturel est fragmenté par une autoroute importante, des routes rurales, une voie ferrée, des terres agricoles et des zones urbaines. Il est plus important que jamais de conserver et de maintenir les habitats naturels restants connectés et intacts; un équilibre écologique doit en effet être maintenu pour que la nature et les populations puissent continuer à prospérer.
Historique du projet
Le travail de Conservation de la nature Canada (CNC) sur l'isthme de Chignectou a débuté en 2010, avec l'acquisition d'une première parcelle de terrain du côté du Nouveau-Brunswick. Au cours des 12 dernières années, l'organisation a conservé un peu plus de 2 200 hectares grâce à l'acquisition de multiples dons et achats de terrains des deux côtés de la frontière.
Nous continuons à gérer et à développer notre travail de conservation en cours le long de ce corridor faunique vital. La Ville d'Amherst, le Comté de Cumberland, les Provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement fédéral, d'autres organismes de conservation ainsi que des communautés autochtones travaillent tous à la conservation d'habitats dans la région. Parmi les autres aires protégées, citons la zone naturelle protégée Canaan Bog (N.-B.), le refuge faunique de Chignectou (N.-É.), l'aire de nature sauvage de l'isthme de Chignectou (N.-É.), la réserve nationale de faune de Chignecto (N.-É.), la réserve nationale de la faune du marais John Lusby (N.-É.) et la réserve nationale de faune de Tintamarre (N.-B.).
Valeurs de conservation
L'isthme de Chignectou est principalement couvert par la forêt Wabanaki (acadienne), bien qu'il y ait peu de forêts matures ou anciennes. On y trouve aussi une variété de milieux humides d'eau douce, de marais salés côtiers, de rivières à marées et de vasières. La région sert de corridor faunique vital qui permet aux espèces de se déplacer librement de la Nouvelle-Écosse au Nouveau-Brunswick et dans l'est de l'Amérique du Nord, ce qui est crucial pour leur survie. Des espèces telles que l'orignal, le lynx et l'ours ont besoin de vastes aires naturelles contiguës pour trouver diverses sources de nourriture et assurer la diversité génétique et l'espace nécessaire à la croissance de leur population. Le corridor faunique est particulièrement important pour le déplacement des orignaux entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
Le corridor faunique est particulièrement important pour le déplacement des orignaux entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Cette espèce est abondante au Nouveau-Brunswick, mais menacée d'extinction en Nouvelle-Écosse continentale. Les habitats naturels reliés de l'isthme permettent à l'orignal de migrer, de trouver des partenaires et d'augmenter sa population en Nouvelle-Écosse. Outre l'orignal, de nombreuses autres espèces en péril sont présentes dans cette région, notamment la paruline du Canada, le moucherolle à côtés olive, le quiscale rouilleux et la grive des bois, qui dépendent tous des milieux humides boisés. L'isthme est également une escale essentielle pour les oiseaux de rivage et les oiseaux aquatiques migrateurs. Les marais humides offrent des zones de nidification au canard noir, à la sarcelle d'hiver et au canard branchu, tandis que les rivières et les ruisseaux abritent la tortue des bois, le pioui de l'Est et le frêne noir. Les prairies des digues acadiennes historiques sont considérées comme un habitat important pour la survie d'espèces telles que le hibou des marais, l'hirondelle rustique et le goglu des prés.
Lynx (Photo Mike Dembeck)
CNC est membre coordinateur du partenariat Chignecto/Sikniktewaq, un groupe collaboratif composé de plusieurs organisations environnementales, de gouvernements provinciaux et de groupes des Premières Nations Mi'kmaq. Les partenaires ont élaboré, et sont sur le point d'achever, un plan de quatre ans visant à contribuer à la conservation d'espèces en péril et à encourager une plus grande biodiversité dans le district Sikniktewaq de Chignecto. Ce travail comprend des études biologiques dans tous les habitats, la surveillance et la recherche sur les oiseaux en péril, la sensibilisation et l'éducation des propriétaires fonciers, la restauration de terres forestières, la création de milieux humides, l'installation de clôture près de cours d'eau pour protéger l'habitat d'espèces en péril, ainsi que la modélisation et l'évaluation de l'habitat de la tortue des bois. L'objectif du groupe est d'évoluer vers une vision à plus long terme pour la protection de la région et des plantes et animaux qui dépendent de ce corridor faunique essentiel.
Principaux membres du partenariat Chignecto/Sikniktewaq
- Oiseaux Canada
- Société pour la nature et les parcs du Canada – section du Nouveau-Brunswick
- Community Forests International
- Confédération des Mi'kmaq du continent
- Cumberland Wilderness
- Université Dalhousie - École d'études sur les ressources et l'environnement
- Canards Illimités Canada
- Environnement et Changement climatique Canada
- Service canadien de la faune
- Fort Folly Habitat Recovery
- Gouvernement du Nouveau-Brunswick - Ministère des Ressources naturelles et du Développement énergétique
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse - Ministère des Terres et des Forêts
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse - Ministère de l'Environnement
- Mi'gmawe'l Tplu'taqnn inc.
- Conservation de la nature Canada
- Environnement et Changement climatique Canada est le principal bailleur de fonds du programme des lieux prioritaires désignés par la collectivité pour les espèces en péril.
Il reste encore beaucoup à faire. Vous pouvez nous aider à protéger davantage d'habitats essentiels dans l'isthme de Chignectou.